J'ai encore rêvé de la fille du grand Soleil

Publié le par Alundra

Extrait de mon carnet.

 

"Relève la tête, pauvre garçon, que je voie ton visage..."


La voix semblait insistante, et les yeux du garçon s'ouvraient péniblement. Il sentait des larmes séchées sur ses joues, l'odeur de l'herbe fraîche absorbait son esprit. C'était le printemps, il pleurait sous un arbre, assis en tailleur, une fille était en face de lui.

"S'il te plait, tu m'as confié tes tourments et ceci me touche beaucoup venant de toi :
montre moi ton visage."


Il remonta ses yeux vers elle, il s'aperçut qu'il se trouvait dans un horrible état et il ignorait comment il avait pu s'y trouver : des cernes creusaient son regard et ses cheveux étaient en bataille. Observant son air timide, elle demanda à nouveau :

"Cela faisait si longtemps que je voulais te voir, seuls..."


Regardant entre ses doigts, il prêta attention à cette personne. Sa beauté le frappa soudainement et cette gifle, matérialisée par un coup de vent, balançait doucement sa somptueuse chevelure brune. Tous ses traits soulignaient sa tranquillité, ce qui la rendait plus attirante. Sa tête semblait être comme une magnifique sculpture, sans défaut, dont la forme était incroyablement harmonieuse.
Il croisa ainsi son regard subtil, tendre et suppliant. Voyant toute la franchise de ses paroles, il lui fit face.

"Pourquoi t'es-tu caché ? Tu n'as pas à douter de toi, à te sous-estimer..."


Elle expirait calmement ces paroles, ce qui contractait lentement sa poitrine. Il continuait alors son observation et constatait qu'elle était vêtue d'un gilet en laine brun, un petit peu ouvert pour laisser respirer son cou qui était à l'image de son visage, et d'un pantalon beige simple qui épousait sensiblement la forme de ses jambes.
Il restait figé, submergé et profondément touché par cette personne. Aussi il savait qu'il ne l'avait jamais vue - sinon il s'en aurait souvenu - et il demeurait surpris qu'elle soit tant passionnée envers lui.
Alors, ils se prirent les mains et se fixèrent tendrement sous ce saule-pleureur tout au long de cette douce après-midi, près d'un lac où s'élevaient les longs sons de la nature.

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