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J'ai retrouvé il y a peu un texte perdu. Ecrit l'hiver dernier, je voulais le reprendre, mais à force de le repousser, je l'ai totalement oublié. Voici donc la suite du texte Muse, texte qui prend ici une tournure plus personnelle.
J'ai finalement trouvé ma muse, ma composition prend forme. Pourtant, alors que je m'apprête à sais ircette relique, un sombre brouillard
commence à auréoler l'objet. Je fronce le regard, c'est le sujet interdit, celui dont je me suis promis de ne plus parler : l'amour.
Ma main tremble, j'hésite à écrire ce que je ressens. Après des textes m'ayant fait perdre l'amitié de certaines personnes, j'avais décidé de taire mon cœur pour qu'il arrête de chanter. Pourquoi
écrire les choses alors que je peux les dire ?
Malheureusement, je cherche l'inspiration, or cette forêt est en réalité les terres bannies et oubliées. Le thème de l'amour, ce favori, avait été jeté aux oubliettes, je m'étais persuadé que
jamais plus je ne devais exhiber mes émotions.
Je pose lentement mon stylo, le manche de cet instrument épique s'est couvert de pointes acérées. Je regarde autours de moi : les arbres merveilleux se métamorphosent et prennent des formes
monstrueuses, le ciel s'assombrit, l'herbe meurt et la douce clairière devient antre des ténèbres. Des hululements inquiétants sortent de l'ombre comme des corbeaux au vol lourd et monotone. Ces
bruits, ces ricanements invisibles, m'envahissent et troublent mon esprit. Je plonge ma tête dans mes bras. Je faiblis dans cet amour que j'avais condamné.
Comme pour me punir, il me met dans l'embarras. Que dois-je faire ? Las, je veux écrire mais je ne suis pas inspiré. Perdu, je ne vois qu'un thème mais je dois me taire. Je m'entends bien avec
elle pourtant je ne veux rien gâcher. Je l'aime mais je ne parviens pas à le lui dire, je crains sa réaction. C'est justement pour éviter ce dilemme infernal que j'avais abandonné l'amour. Sa
forêt nous apparaît luxuriante mais elle nous poignarde quand on avance trop hâtivement.
Je ne veux plus de précipitation, j'arrête ! J'ai dit mon amour, je ne poursuis pas, je passe à autre chose. J'ai vu ma muse, je m'en détourne, qu'elle reste où elle se tient. Je passe mon chemin
et je tente d'effacer définitivement cet endroit. Je déchire la feuille et jette mon stylo au loin.
Je dois lui dire, voilà tout.
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