Partager l'article ! Confessions de Marche-ciel: B-M Soudain, j'ai eu l'envie d'écrire ce texte. Tout était clair et concret. ...
B-M
Soudain, j'ai eu l'envie d'écrire ce texte. Tout était clair et concret. Je me suis concentré dessus et, là, j'ai une version qui me satisfait.
D'autres textes suivront, quand ceux-ci me satisferont aussi.
Aussi, avant de commencer, je dédie ce texte à Andréa et au soutien qu'elle m'apporte.
Que j'ai chanté durant les longues escapades ! Dans ce mouvement agité, on pense à tue-tête pour se décharger. Et comme le voyageur qui se repose après une fatigante route, je m'installe dans l'ombre de ma vie. Envahi par les émotions, j'ai écrit avec la fougue de mon cœur. Maintenant, il suffit. Après l'exploration vient la méditation.
Alors je deviens le croyant qui réfléchit. Suite au pèlerinage, j'observe mes expériences qui ont pour but de retrouver la divinité qui s'est éloignée de moi. Mes tentatives n'ont mené qu'à des échecs. Icare romantique, à chaque fois que je me rapproche d'une femme, mes ailes brûlent. Et, à chaque fois, je retombe plus bas. Dans cet instant, j'écris pour essayer de me redresser. Là est mon voyage : gravir des montagnes dangereuses puis toucher le ciel avant de choir dans un surprenant gouffre.
Je suis le croyant aveugle qui cherche à tâtons sa déesse absente. J'avance et me rattache à un semblant de lumière de l'âme. Dès que je sens l'envol amoureux, je me dirige vers cette voie éclairée. Il y a tant de marches qui me guident ! Les regards, les gestes, les instants et, surtout, l'imagination. Mais ces dernières marches me leurrent et troublent mon ascension. Soit je m'emballe et tout s'écroule dans ma précipitation, soit je recule pour ne rien bousculer et tout s'échappe dans la brume de l'oubli. Alors piégé si haut dans les cieux de la tendresse je reste égaré dans l'immensité. Dans ma peur et ma douleur, je m'effondre et me retrouve ensuite dans le néant.
Dès lors, je me mets à douter – voilà mon pêché. Douter sans cesse et craindre toujours. Comme je ne sais jamais quoi faire, je chute. Chaque expérience de la déesse est différente, on ne peut anticiper si on ne possède pas de clairvoyance. Je suis aveugle, tout le temps les beautés m'éblouissent, les illuminations m'envahissent. Je me dirige vers les sources lumineuses que j'ai crues voir. De la sorte, je m'égare dans le dédale sentimental. Seulement, ce labyrinthe possède plusieurs centres cachant différents secrets. Tomberai-je dans une autre illusion, trouverai-je la félicité ou la décadence ? Chaque essai est un hasard, tout hasard est un risque que le pèlerin défie. Dans sa foi, le croyant reste fidèle et ne se détourne jamais.
Or, j'ai été maintes fois trompé. De plus, je n'ai aucun repère. Toutes ces lumières éphémères, toutes ces révélations hâtives ont détruit mon orientation. Ma seule place alors, c'est dans le ciel sans bornes. Et souvent je m'enfuis, je me sépare des déesses en plein milieu de ma route. C'est dans ces moments que je chante le plus souvent afin de parcourir les terres désolées de mon être. Avant, j'étais le marcheur de l'ombre. Tout homme détruit et anéanti tombe dans l'abysse et s'y complait. Comme il ne croit plus en la vie, il préfère côtoyer la mort pour y trouver du réconfort. Alors il creuse encore plus et se moque du reste. Pourtant il ne veut pas mourir car dans les ténèbres survit toujours une faible lueur. Il ne souhaite que du soutien.
Dans ma quête désespérée, je n'ai rien trouvé, pas même du soutien. Mais la vérité est ailleurs, je sens que j'ai un autre but. C'est pourquoi, aujourd'hui, je suis Marche-ciel. Entre terre et cosmos, entre réalité et rêve, je ramasse mes déceptions et conçois un objet. Et quel objet ? Une statue, une peinture, une musique, des mots : une idole.
Voyez, je doute et me détourne. Mais le pouvoir des déesses sera toujours en moi. Elles s'amusent de leurs fervents croyants avant de voir lequel est le plus méritant.
Ainsi je doute sans que jamais je m'enferme. J'écris les chants de mon livre et j'espère que les déesses m'entendent.
Et je rêve que l'une me réponde un jour...
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