Partager l'article ! Holloko: Texte écrit en atelier, comme Robin des contes. La consigne : choisir une ville dans une liste et imagnier quelque chose, ce ...
Texte écrit en atelier, comme Robin des contes. La consigne : choisir une ville dans une liste et imagnier quelque chose, ce que l'on veut.
Holloko est une ville que je ne connais pas, mais le texte sera assez clair quant aux évocations que j'ai tout de suite ressenties en trouvant ce mot mystérieux.
Je vomis encore le peu que j'ai dans le ventre. Le malaise tire toujours plus profondément dans mon organisme détruit, et je tape comme une brute sur le panneau de la ville. Je crache, mon corps brûle, ces foutus gaz toxiques en suspension me tueront. Mais bon sang, combien de temps vais-je devoir souffrir dans les ruines cadavériques de ce qui s'appelait autrefois – c'est à dire il y a une semaine – Holloko ? La désolation n'a jamais porté de nom aussi approprié !
Le trouble passé, je repars explorer les maisons fumantes perdues dans les rangées de pourriture humaine qui décorent cette glorieuse apocalypse. Les cafards, aussi gros que des enfants, grouillent de toutes parts et me suivent afin de dévorer tout ce qui traîne. Le vent soufflant sans trêve a dû ramener des effluves dans les nids à bestioles. Je renifle, une douleur me prend à l'estomac. Ma morve est devenue acide, bon sang ! A genoux, je hurle et je pleure, je ne peux plus supporter cela. Je lève mes yeux et je grogne férocement, cette crise me ronge de plus belle. Entre mes larmes, j'observe les nuages noirs et condensés. Je serre les dents : le ciel, comme ce lieu, est condamné à tout jamais.
Je tente de me relever, puis retombe lâchement. La fatigue et la maladie m'achèvent, mes jambes ne répondent plus. Je m'allonge sur le dos, je suffoque et détourne mon visage : du sang gicle de ma bouche. Après une dernière quinte de toux, le trouble disparaît un peu, je pose ma tête sur le sol en gémissant. Perdu, mes pensées s'estompent tandis que les nuages tournoient mystérieusement. Soudain, comme je traîne tel un mort, un cafard géant vient poser ses griffes sur mon torse nu. Ses antennes vibrent, il se lève et plante ses pattes poilues dans mon ventre. Je tressaille mais ne sens rien, je suis trop amoché pour éprouver une quelconque douleur mortelle. L'insecte me fixe, son regard m'intrigue. Dernier délire, je découvre dans ses globes inexpressifs le souvenir de l'holocauste nucléaire. La cité se portait à merveille, une explosion de la centrale a tout ébranlé. Je souris avant de m'éteindre : cette folie touche à sa fin.
Et le cafard se redresse une nouvelle fois, plonge sa tête dans mon corps.
Un sursaut.
Extinction.
Derniers Commentaires