Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 20:59

Assis au bord d'un trottoir, je tape le sol avec mon pied gauche selon le rythme effréné d'une musique tantôt agressive, tantôt dramatique. Quoi qu'il en soit, je m'étire un moment en baissant la tête, débloquant ma nuque nouée. Là, près du pied fracassant, je découvre une colonie de fourmis qui tente de passer sous ma chaussure. Je m'interroge un instant : que doivent subir ces bestioles lorsque j'attends mon bus ? Je me mets à leur place...


« Il n'y a pas d'autre solution, numéro 456. Pour rejoindre le QG, nous DEVONS traverser au plus vite la colline marteau ! ». La fourmi désignée savait pertinemment que son supérieur se moquait de ses conseils de sous-fifre. Les gouttes d'eau viendraient frapper bientôt, brisant leur crâne et noyant leurs corps, mais elle pensait qu'il fallait patienter un peu pour éviter de se faire piétiner.

« Attendons que la colline se lève, nous courrons à ce moment précis. Préparons les vivres et hâtons-nous ! ». A cela, le chef de retourna, fâché. « Non, nous n'attendrons pas ! Je préfère jouer avec la chance et courir le risque de passer les tunnels de cette colline plutôt que de nous faire surprendre par l'eau tombante : allons-y, exécution ! ». Le sous-fifre soupira, mécontent. Il chercha mollement la nourriture laissée par terre et, en retrait, il surveilla les autres s'engager dans les cavernes. Soudain, son cœur alarmé s'agita : « Merde, la colline s'éveille !! ».

L'immense mont obscur se releva – d'ailleurs , une chose gluante et rose accrochée en dessous s'étira puis rompit brutalement. Ensuite, après un bref répis, il s'abattit brusquement sur les compagnons. Un choc, un tremblement sourd, puis il se leva à nouveau, plus rapide. Deuxième choc, hurlements ignobles. Le numéro 456 déglutit : « Ils vont tous y passer ! ».

La colline poursuivit sa destinée : frapper encore et encore, toujours plus vite. Le sol semblait s'effondrer et les secousses déstabilisaient la fourmi. Malgré tout, elle aperçut les cadavres déchiquetés se faire écraser inlassablement. Un haut le cœur lui prit lorsqu'il vit les corps aplatis couverts de sang.

Enfin, un bruit assourdissant la renversa. Derrière elle, une mare d'eau tomba et oscilla violemment à cause de la colline. Le fourmi leva le regard : elle ne put voir qu'une ultime goutte tomber droit sur elle...


La musique s'arrête brutalement : fin en queue de poisson. Une sensation chatouille ma main, il commence à pleuvoir. Je regarde mes chaussures : les fourmis ne bougent plus, perdues sous ma semelle – je fronce les sourcils en notant la présence d'un vieux chewing-gum. Un pincement m'afflige tout de même. Peu importe s'ils ressentent ou non, ces insectes sont morts. En soi, c'est comme si ces voitures roulant devant moi se rejoignaient subitement, sans crier gare. Créant un squelette, les arbres solides viendraient y poser leurs écorces, concevant une peau impénétrable. Les nuages feraient la vapeur des idées, et là se tiendrait un géant monstrueux, la tête perçant les cieux. Sa colline boisée se lèverait elle aussi et, sans scrupule, cette créature nous broierait les os. Nous serions alors les fourmis impuissantes fuyant vainement ces titans multiples, combattant courageusement pour la survie. Immenses, ils seraient capables de détruire nos maisons, de décimer notre peuple.

Oh triste chaîne mortelle, nous vivons, nous tuons et nous mourons. Néanmoins, jouissons, il y a peu de chances que nous nous fassions écraser de la sorte.

Par Alundra - Publié dans : Textes - Communauté : Loisirs & Passions
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  • 09/10/1991
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  • Il y a tant de choses qui nous touchent ; et l'âme brassée par la vie a tant de choses à dire. Fermons notre corps et ouvrons notre esprit. Imagination, impressions, émotions, sentiments : tout ceci est retranscrit par l'expression.

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Il y a tant de choses dont on veut parler, mais dont on arrive pas à en tirer un traitre mot.
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