Robin des contes

Publié le par Alundra

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Ce texte a été réalisé en atelier d'écriture de l'option écriture de l'Université du Sud Toulon-Var.
L'idée : commencer un conte, puis faire passer la page. Ainsi, ce sont les autres membres de l'atelier qui poursuivent notre histoire.
Pour moi, cela a permis de créer une histoire fantastique et plutôt comique. C'est léger et plaisant, je vous souhaite alors une bonne lecture =)

Il était une fois un jardin lointain, perdu dans des horizons inconnus. Éloigné des absurdités humaines, ce lieu demeurait débarrassé des folies et des incohérences. C'étaient les landes vraies, les terres originelles des héros bafoués par les contes.

En ce territoire de plaines verdoyantes, de villages et de forêts éparses se mêlent Cendrillon, Candide et même le Chat botté. Ainsi naquit un lourd différend, déchirant le peuple : il y avait trop de princes pour si peu de douces princesses.

L'un des hommes voulait bien arranger ça. Il prit son arc, son carquois et sa dague et sortit de sa cabane sylvestre, déterminé à tuer toutes ces « femmelettes romantiques ».

Robin des bois serait l'ultime mâle.


Peu avant l'aube, il bondit hors de ses bois et se cacha dans un buisson à la lisière de la forêt. Il sourit, une calèche arrivait au loin. Le jeune homme, le visage caché sous sa capuche, profitait de la pénombre afin de voir sans être vu. Le véhicule, grinçant sur le chemin caillouteux, était conduit par un vieux croulant. Robin étouffa un rire : « Trop simple ! ».

Il prit trois flèches. Il fut prêt. Un trait se ficha en plein dans le front du cheval. Le vieillard ne put réagir, un autre projectile lui troua la gorge. Robin banda son arc pour tuer la dernière personne. Là, il entendit un cri venant de la calèche : « Mais que diable fait cet incapable ?! ». Un jeune prince au brushing blond et aux vêtements royaux ouvrit la porte. Ses pieds pataugeant dans le sang, il arrondit ses yeux en découvrant le massacre. Robin lâcha un rire clair et puissant et laissa sa flèche fendre les airs. Touchée en plein cœur, la victime s'écroula comme une poupée de chiffon, la tête noyée dans la boue rouge et chaude.

« Échec et mat ! ». Robin sortit sa dague, retroussa la manche gauche de son juste-corps vert, découvrant quatre cicatrices rapprochées. Il saisit son arme puis fit glisser la lame sur son bras. Il sursauta pour éviter de tâcher sa chemise, son pantalon et ses bottes en cuir – pas facile de trouver des couleurs camouflages. Robin se lécha le pouce : « Un de plus ! ».

Il bondit un nouvelle fois pour sortir de sa cachette. Il se mit à rire violemment. Ce cri enjoué devenant démoniaque enténébra la scène sanglante. Avant de partir, il donna un féroce coup de pied dans la tête du défunt charmant : « Au suivant ! ».


Le soleil se levait, teintant le ciel sombre de quelques lumières oranges. Robin courait tout droit, il avait aperçu une haute tour. « Je me fiche de ce qui peut y avoir là-haut, je dois tous les trouver ! », pensait-il. Sa vitesse était spectaculaire, personne ne l'apercevait tant ses habits se fondaient dans la verdure totale du paysage. On entendait seulement sa respiration soutenue et régulière ainsi que les flèches qui s'entrechoquaient. Le trajet était long car la tour se voyait de très loin, mais cela ne suffit pas à épuiser le héros sans peur.

Après deux heures de course à pied intense, il arriva d'une traite au pied de l'édifice. Ici, le bâtiment semblait s'étirer jusqu'à toucher le ciel désormais bleu clair. Robin ne perdit pas de temps, il enfonça la porte en chêne. Un coup, puis un autre : elle ne bougea point. Robin ricana, se frotta vivement le nez avec son index, puis recommença. Un choc, puis un autre : un craquement se fit entendre. Robin cracha, une personne vint à une fenêtre et s'exclama : « Mais qu'est-ce que c'est que ce raffut ? On ne peut pas rester tranquille au milieu de la campagne vierge ? ». Robin recula et leva le regard. Il aperçut un vieux sorcier vêtu d'une toge bleue délavée, sa longue barbe descendant d'un mètre en dehors de la fenêtre. Le jeune homme le railla en le pointant du doigt : « Oh toi, mon vieux, tu ne paies rien pour attendre ! Prépare tes sortilèges, j'vais te botter le derrière ! ». Il fonça une dernière fois sur la porte : elle céda dans un grand fracas. En montant par quatre les marches des interminables escaliers en colimaçon, il dégaina sa dague, prêt à l'attaque. Il rencontra une autre porte. Vu la hauteur, Robin conclut que c'était le bon étage. Il frappa rageusement la porte du talon : elle explosa sous le choc terrible. Fronçant les sourcils, il rentra impunément et tranquillement dans la pièce et fit face au vieux sorcier. Ce dernier, surpris et inquiet, brassait l'air de ses mains et ordonnait au jeune homme de ne pas faire de bêtises : « Vous ignorez qui je suis ? Alors n'agissez point, cela pourrait vous porter... préjudice ! ». Alors qu'il mangeait ce dernier mot, Robin l'avait coincé contre un mur. Il le fixa droit dans les yeux, impassible. « Mais va te faire voir vieux pervers ! ». Le sorcier tressaillit, une lame froide transperça son entre-jambes. Sa bouche murmura un dernier souffle, mais Robin renforça sa pression, achevant le vieil homme. « Je me fiche de qui tu es, je sais juste que tu aimes palper ces jeunes et douces princesses. Ne t'inquiète pas, elles seront entre de bonnes mains. ».

Lorsqu'il retira son arme, le cadavre s'écroula. Robin éclata de rire, ce qui alerta une autre personne. Un hurlement suraigu fit se retourner Robin. Face à lui, une femme encore plus vieille se mit à pleurer avant de se jeter sur le corps inanimé. « Qu'avez-vous fait à mon fils ? Oh pauvre Merlin ! ». Elle se releva d'un coup. Hors de ses gonds, elle s'opposa à l'assassin souriant. « Comment avez-vous osé rustre vaurien, pourriture des bois, infernal brigand ?! ». Robin posa délicatement sa paume sur le front ridée de la mère et donna un coup sec afin de l'assommer. La vieille tomba, puis se releva brusquement avant de toucher le sol, comme poussée par une mystérieuse magie. Robin sursauta, il ne s'attendait pas à cela. Mais ce qui le surprit le plus, c'était ce regard enflammé animé par une colère sombre. « Vil gredin, grogna-t-elle, je vais te punir comme il le faut ! ». A cela, Robin se dandina tout en rétorquant : « Oh oui ma dame, punissez-moi comme le ferait Peter Pan le lubrique ! ». C'en était trop pour la triste mère. Elle hurla une nouvelle fois, vociférant une phrase incompréhensible. La flamme de ses yeux s'intensifia, mais Robin n'y prêta guère attention. Il avait pitié de cette femme, il la laissa parler dans son langage de folle. Une fois l'incantation terminée, elle s'écroula elle aussi. « A la bonne heure, s'exclama Robin, elle s'est tuée à force de parler pour ne rien dire. Quelle sotte : échec et mat ! ». Sur ces mots, il quitta la tour et ces morts au pas de course, il devait poursuivre son expédition.

A l'extérieur, il remplit ses poumons de l'air pur et printanier des plaines sans nom. Le soleil s'était bien levé et rayonnait, rendant l'atmosphère plus colorée, plus féérique. Revigoré par cette tiédeur agréable, il remarqua un château à quelques lieues de là, au sommet d'une colline. Ni une ni deux, il s'étira puis se lança : le périple reprit.


Si l'astre poursuivait laborieusement sa promenade céleste, la progression de Robin était légère, souple et véloce. Son sourire ne s'effaça aucunement et le vent caressait ses longs cheveux bruns. Étrangement, le souffle ne déplaça pas d'un fil son béret fétiche, décoré de la célèbre plume rouge. Une lieue, seulement vingt minutes s'écoulèrent. Une autre lieue, le château se faisait plus impressionnant, plus imposant. Robin fit une pause pour déguster sous l'ombre d'un arbre un morceau de viande séchée qui se trouvait dans sa sacoche. Avant de repartir, il décida de se servir de son arc et d'une flèche. Il arma, banda la corde et visa l'arbre. Le trait s'envola, Robin s'empressa et exécuta une agile roulade. Il tendit la main, une pomme tomba dans le creux de celle-ci. Il rit de bon cœur, croqua le fruit, puis repartit.

La course était plus longue que prévu, il dut encore parcourir une demie-douzaine de lieues. Le château était monstrueux, un véritable colosse étincelant de l'architecture. Se dressant fièrement aussi haut que la tour de Merlin, il arborait des formes circulaires et arrondies. Il était fait de pierres blanches rarissimes taillées et ornées de fils d'or pour donner cet aspect oriental. A la vue de ce temple sublime, Robin dédaigna encore plus ce prince prétentieux : « Sa mort sera d'autant plus juste ! ». Il poussa sans difficulté l'imposante porte en pierres précieuses, il pénétra à l'intérieur du fort. La ville était tout aussi somptueuse que les fortifications. Les maisons étaient fortes et solides, les chemins étaient recouvert de poussière d'or tandis que les habitants, affublés de nombreux bijoux, foulaient ces rues machinalement. Robin cracha par terre et grogna un juron, sa colère augmenta. « Ah il veut s'attirer les princesses avec sa pompeuse richesse ? Je m'en vais l'assommer de mes poings sacrés : à glorieux charmant, mort glorieuse, ce n'est pas tous les jours que je gracie la pourriture ! ».

Sûr de lui, furieux comme jamais, Robin claqua les portes de la citadelle. Le son des battants brusquement ouverts résonna dans le hall de pierres précieuses tel un grondement infernal. Les pas de Robin frappaient lourdement les carreaux de diamant, chaque tape sonnant comme le cœur qui palpite. Il repoussa une autre porte, il rencontra un prince au teint basané et aux cheveux noirs de jais. Il était vêtu d'une chemise et d'un sarouel blancs et chaussé de babouches dans le même ton. « Parfait, sa tenue deviendra couleur rubis ! ». Le jeune et magnifique souverain se tourna vers Robin les bras grands ouverts, il reçut de la part du visiteur un vif coup de poing entre les côtes. « Merci de m'accueillir ainsi, cher seigneur, cela me permettra de vous rosser sans propos inutiles ». Alors qu'il s'apprêtait à le rouer de coups de pieds, une tornade glacée vint repousser l'invité. Robin vola et roula sur le sol, une acrobatie lui permit de se relever et de se jeter sur cet opposant. Mais il ne put l'attaquer, le souffle immatériel se condensa et forma une masse de nuages bleus. Ces derniers tournoyèrent et des bras et une tête apparurent. Robin sortit sa dague, mais un des bras frappa le manche, ce qui désarma le vagabond. Enfin, les nuages prirent une forme humaine et deux yeux saphir s'ouvrirent. La mystérieuse apparition avança ses mains et paralysa Robin. Elle se retourna vers le prince suffocant, le porta vers Robin, puis prit la parole : « Sombre fou, pourquoi es-tu venu céans pour ainsi frapper mon maître ? Je suis le Génie, et quiconque s'oppose au grand Aladin sera confronté à mon courroux, réponds franchement ou tu périras sur-le-champ ! ». Robin aurait voulu lui rire au nez, mais la force de cet esprit le fit répondre : « Je suis Robin des bois et je suis venu rétablir l'ordre de ce monde. ». Aladin, outré par cette explication, se jeta au cou de Robin et l'étrangla fermement. Le Génie repoussa le prince irrité et, sans sourciller, il reprit : « Soit, si vous n'êtes pas capable de vous accorder, je vais orchestrer votre échange. Aladin, prends la parole, je te prie. ». Il se redressa puis fit face à Robin. « Je trouve louable de vouloir rétablir l'ordre, mais comment comptes-tu t'y prendre ? Tu penses que me tuer serait une solution ? ». Le Génie, satisfait de cette cordialité, permit à Robin de se justifier. « Pauvre maître, c'est que tu fais partie des trop nombreux princes qui polluent ce monde. Je n'ai guère le temps de trouver une princesse et de me marier, alors je vogue de fleurs en fleurs tel un papillon. Mais si ces créatures sont convoitées par trop de célébrités, mon appétit ne peut se satisfaire. ». Le Génie se tourna vers Aladin, il répondit. « Et pourquoi tous nous tuer, et pourquoi me tuer moi ?! Tu pourrais très bien assassiner les autres et me laisser en vie. Je te propose ceci : épargne-moi et je t'aiderai dans ta quête, qu'en dis-tu ? ». Robin s'amusa de cet égoïsme, mais la suggestion l'intéressait. « Permets à ton génie de réaliser un de mes souhaits et, là, nous serons d'accord. ». Aladin fixa le Génie, l'esprit acquiesça : « Qu'il en soit ainsi. ». Le Génie avança sa main droite et apostropha Robin : « Partage avec nous ton souhait, je te prie ». Robin réfléchit un instant, puis il ordonna : « Je souhaite chevaucher le tapis volant, parcourir les landes de nos contrées, flèches enflammées à nos côtés, afin de pouvoir tuer tous les séducteurs. ». Aladin et Génie échangèrent un regard interdit : « Ce n'est pas tout à fait un seul et unique vœu, mais si ça peut m'éviter de mourir », murmura le prince. Alors le Génie leva ses bras, des éclairs parcourant ses doigts, et cria : « Alors, qu'il en soit ainsi ! ».


Un flash survint, Robin se trouva téléporté sur un tapis volant au-dessus du château, Aladin derrière lui. A portée de main se trouvaient des flèches embrasées à la pointe qui, par magie, ne pouvaient brûler ni le tapis, ni Aladin, ni Robin. Le Génie restait à côté pour suivre son maître. Robin prépara une première flèche, il aperçut un homme en bas. « C'est parti pour le massacre !! », hurla-t-il, et le tapis s'élança.

Survolant le territoire, perçant les cieux et fondant sur ses charmants ennemis, Robin s'enchanta de pouvoir carboniser ces « lopettes passionnées ». Les flèches fondaient sur les corps comme des flammes cosmiques s'acharnant sur les mâles du pays. Il pleuvait la mort et le rire de Robin se faisait plus intense, plus jouissif. Ils mourraient par dizaines puis par centaines. Des maisons se consumèrent, des arbres calcinèrent, c'était un véritable chaos. Soudain, le Génie s'approcha de Robin et l'informa : « Ton désir est réalisé, tu as tué tous les hommes de cette terre : tu peux maintenant consommer le sexe féminin à loisir. ». Robin, enjoué, tapa des mains, il allait enfin pouvoir déguster le dessert de cette journée chargée.

Le tapis se posa près du château d'Aladin, laissant Robin seul avec les dames qui se promenaient. A ce moment, il rencontra de magnifiques demoiselles – et surtout des veuves – portant fièrement des robes suggestives aux décolletés aguicheurs. Robin croisa même Blanche-Neige qui venait ici pour le marché. Tout le monde savait que Blanche-Neige était belle et suscitait chez les mâles en manque d'affection un désir immédiat. D'ailleurs, elle traînait une importante réputation grâce aux sept nains. Cependant, Robin ne sentit pas cet instantané compulsif incontrôlable. Face à elle et à ces nombreuses femmes détruites, son cœur ne s'emballait pas comme avant. Cela l'énerva au plus haut point, si bien qu'il ressentit un profond dégoût. Il revint au tapis, frustré, et ordonna de se lever le plus haut possible. De nouveau en hauteur, Aladin demanda à Robin ce qu'il avait en tête, il ne répondit point. Le prince arrondit son regard lorsqu'il vit Robin prendre plusieurs flèches pour brûler toutes les maisons. Il essaya de l'en empêcher, mais l'homme de la forêt se retourna, l'arc armé vers Aladin : « Je sais ce que je fais, laisse moi tranquille ! ». Et la pluie flamboyante retomba en cascade, les brasiers chutèrent de toutes parts. Bientôt, toute la contrée se trouva dévastée et piégée par la fournaise. Le monde enchanté devint terre de désolation, il ne restait plus rien. Robin suffoquait et toussait, une douleur tiraillait son torse. Le tapis se posa et Robin s'installa sur une bûche. Son cœur se serrait, il cria tant la douleur était insupportable. A cet instant, une voix féminine caverneuse et lointaine épelait ces mots : « Tu m'as détruite, moi la Grande Sorcière, mère du preux Merlin. Subit le joug de ma colère d'outre-tombe, chasseur coquin : tu as accompli ton acte, mais un seul et unique amour te contentera. Trouve-le et ta souffrance s'arrêtera ! ».


Tout juste revenue de son voyage au pays merveilleux, Alice se trouva en ce pays désormais ruiné. Le ciel bleu était rouge incandescent, des poussières rougeoyantes tournoyaient, des cadavres jonchaient le sol. Alors qu'elle vomissait, elle entendit les cris de Robin. Elle suivit cette sinistre marque de vie, enfin elle aperçut l'homme perdu. Sa situation ne l'intéressa pas premièrement, elle fut d'abord troublée par ce corps musclé si bien moulé dans cet accoutrement vert. Elle se mordit les lèvres, elle tomba amoureuse de lui avant même de le connaître.

Sa main parcourut les épaules de Robin, mais ce contact ne l'échauffa point. Il se laissa choir dans ses seins, ce qui fit tressaillir la douce fille. Quant à Robin, il pleurait et cherchait chez Alice du réconfort. Elle ne comprit pas cela dans ce sens, elle aurait même voulu le prendre là, maintenant. Mais Robin se releva et fit face à la blonde demoiselle : « Je les ai tous tués, je pensais enfin pouvoir réaliser mes désirs les plus fous ! Mais quelque chose ne marche plus, j'ai été maudit, si bien que les femmes ne me font plus rien. Et je les ai tuées elles aussi ! ». Alice, apeurée, bondit et s'enfuit à toutes-jambes. Robin l'observa s'enfuir et regretta ce coup du sort. Si tout avait été normal, il l'aurait bien embrassée.

Sa fureur se renforça, il cogna durement la bûche. Aladin, ému, vint s'assoir près de lui. Robin lui fit face et croisa son regard. Subitement, le prunelle des yeux de ce prince le submergea de bonheur. La chemise entre-ouverte d'Aladin laissait nus ses pectoraux puissants, Robin se mordit la lèvre sans s'en rendre compte. Son cœur fracassa ses côtes. Son sang s'échauffa et sa bouche brûla. Le baiser fut inévitable.

Durant cet instant de volupté, Robin ne pensa même pas à ce qu'il faisait. Peu importe que ce fût un garçon et non une fille, il ressentait cette pulsion qui lui manquait auparavant. L'échange doublant en passion, le Génie vint s'interposer et cessa le manège. « Maître, mais que faîtes-vous de Jasmine ? ». Aladin, qui serrait les mains de Robin, se tourna vers le Génie : « Au diable cette femme et ses caprices, c'est Robin que je veux ! ». L'homme de la forêt se tourna vers Aladin et dit d'une voix remplie d'émotion : « C'est toi aussi que je veux, charmant prince ! ».

Une foudre vint frapper l'âme de Robin, il avait enfin trouvé l'amour. Il pensa même qu'il pourrait se marier avec Aladin et, ainsi, vivre comblé à tout jamais. Mais le monde était détruit et ceci empêcherait cette prospérité. Robin se tourna vers le Génie à son tour et demanda un ultime vœu. « Souhaite, je te prie. ». Robin admira Aladin, puis répondit : « Je veux que ce massacre s'annule et que le monde soit aussi prospère qu'avant. ». Génie leva les bras, les éclairs trouant les nuages de guerre.

« Qu'il en soit ainsi ! ».


Après une tempête aveuglante, tout était corrigé. Les maisons étaient comme neuves, le paysage avait retrouvé sa féérie et les populations, criant de joie, s'amassaient devant le château du prince Aladin. Les cloches sonnaient à en briser les tympans, les enfants riaient à tue-tête tandis que les parents s'émerveillaient devant l'église. Là, le prêtre énonça le phrase finale, derniers mots avant le lien éternel. Robin et Aladin, en costume blanc-perle, s'embrassèrent devant la foule qui hurla de triomphe. Le premier mariage homosexuel de l'histoire des contes et la fête qui suivit furent un succès. A la fin de l'après-midi, le couple s'enfuit dans une calèche afin d'aller en voyage de noces. Un enfant blagueur qui possédait un arc accrocha un morceau de papier sur une flèche. Il visa le dos du véhicule, la pointe se ficha dans le bois. Dessus, on pouvait lire : « Il vécurent heureux et eurent beaucoup de... jouissances ! ».

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